mon activité

Création d'activité - entreprise individuelle, profession libérale - en février 1998.

Objet :

Patrimoine culturel et développement local.

- mise en place et accompagnement de formations au recueil de mémoires.
- recueils de mémoires et valorisation par la conception d'expositions, d'animations et/ou de publications.
- activités d'études et de conseils pour la mise en valeur du patrimoine culturel.
- élaboration de contenus en vue de publications, d'expositions ou de sites d'interprétation.
- causeries ou conférences sur mes thèmes de recherche ou les livres publiés.

Expériences auprès de collectivités locales, d'associations, d'établissements scolaires, de résidences pour personnes âgées.

 

MES PRINCIPAUX THEMES DE RECHERCHE

 

Agriculture paysanne


 Mes parents étaient paysans, sur les pentes maigres des côteaux de l'Eyrieux où poussaient la vigne et le châtaignier. Je garde de cette enfance un lien privilégié à la terre, et un immense respect envers ceux qui la cultivent. J'ai eu l'occasion d'étudier quelques facettes de leurs connaissances et de leurs savoir-faire et de rendre hommage à leur travail indispensable et si peu reconnu. Tout projet relatif à l'agriculture traditionnelle et à son évolution m'intéresse à double titre : parce que je me sens intimement concernée, mais aussi parce que la souveraineté alimentaire est l'un des enjeux-clés de notre civilisation.

 

 

Tradition orale : contes et chansons populaires en français et en occitan


 Dans la vie traditionnelle, le cycle annuel comme le cycle de la vie était rythmé de chansons spécifiques. Tout autant qu'aux fêtes, les gens chantaient au travail, dans les champs, mais surtout dans les moulinages, où les ouvrières ont permis de préserver un important répertoire. La collecte de ces chansons populaires a été le principal objet de ma recherche pendant une bonne dizaine d'années, de 1975 à 1985.
 
 Les contes agrémentaient les rencontres au café ou à la chasse, pour les repas de famille, les fêtes ou les veillées, clin d'oeil humoristique sur la vie quotidienne, les relations entre homme et femmes, maîtres et valets, l'apprentissage, les difficultés à s'adapter aux innovations. D'autres avaient pour rôle d'exorciser les peurs ou de tisser le merveilleux.
Contes et chansons nous invitent à découvrir le piquant des échanges et la convivialité des communautés traditionnelles.

 

 

Cuisine traditionnelle


 Dans le prolongement de l'agriculture traditionnelle, la cuisine paysanne propose un système d'autosuffisance alimentaire qu'il est salutaire de rappeler. Savoir produire selon ses besoins et utiliser au mieux ce dont on dispose, en évitant tout gaspillage, tirer de son environnement ce qui nous est utile tout en préservant son équilibre, constituent actuellement des principes de sagesse face au pillage généralisé de la planète et à l'esclavage alimentaire organisé par les multinationales.
 
 La cuisine traditionnelle ménage la surprise des productions saisonnières et des cueillettes sauvages, le plaisir des premières fois chaque année renouvelé, saveur des légumes de printemps, des fruits mûris sur l'arbre, des champignons cachés sous les feuilles d'automne...

L'héritage de ses recettes, ses tours de main, ses secrets de fabrication, se transmet d'une génération à l'autre de bouche à oreille, à moins qu'il ne soit confié à l'écriture soignée de petits carnets ou cahiers précieusement conservés.

 

 

La soie et l'industrie moulinière
 

 J'ai abordé la soie par le biais de la sériciculture et les souvenirs recueillis sur les élevages de vers à soie qui, chaque année au printemps, mobilisaient une bonne part des énergies disponibles dans les fermes d'Ardèche. Puis il y a eu la rencontre avec les ouvrières en soie, leurs histoires de vies et les chants qu'elles m'ont confiés.
 
 C'est ainsi que j'ai été amenée à m'intéresser de plus près et sous divers aspects au moulinage en Ardèche, mais aussi dans la Drôme. Cette deuxième étape de la préparation du fil de soie, entre la filature et le tissage, consiste à assembler plusieurs fils grèges ou ouvrés et à leur imprimer une certaine torsion. L'Ardèche devient rapidement le premier centre national du moulinage avec, vers 1850, environ 350 fabriques pour 330 communes et de grands bassins industriels vers Privas-Chomérac, sur l'Eyrieux et à Aubenas. Bien que rurale par excellence, elle est, au XIXème siècle, parmi les cinq départements les plus industrialisés de France.
 
 Au XXème siècle, la concurrence internationale, la découverte de nouvelles fibres et l'évolution des machines et des techniques ont entraîné de grands bouleversements et la fermeture de la plupart des établissements textiles.

 

 

Savoir-faire traditionnels

 

 J'ai eu la chance de connaître l'époque charnière du monde paysan, où chaque maison était encore une ferme avec son petit troupeau de chèvres, ses quelques vaches, ses battages sur l'aire, ses vendanges, ses veillées où l'on cassait les noix, où la conversation et l'occupation des mains tenaient lieu de divertissement. L'observation et l'appréhension subtile de l'environnement transformaient alors en objet utilisable toute chose disponible, pierres, plantes et les moindres débris. Il m'a fallu du recul pour apprécier comme gages d'indépendance, les gestes du travail liés à cette connaissance.
 
 Plusieurs projets m'ont amenée à étudier certains de ces savoir-faire anciens, dont la distillation des fruits et marcs de raisin à l'alambic, la vannerie, les cueillettes sauvages. Loin de n'être que survivances nostalgiques d'un passé enfui, certains fondent actuellement des spécificités économiques de leur terroir : la fabrication des fromages dans les Monts du Lyonnais, la castanéiculture en Ardèche, la trufficulture dans la Drôme des collines, l'utilisation des plantes aromatiques et médicinales dans les Baronnies...

 

 

Histoire orale
 

 Le recueil de mémoire apporte à l'écriture de la "grande histoire" une épaisseur de vie indispensable à sa compréhension. Par exemple, les histoires de vie des ouvrières en soie, croisant l'itinéraire des familles de mouliniers retracent avec vérité les conditions de travail dans les moulinages, mais aussi précisent les moments clés de l'évolution de la filière textile et leurs conséquences sociales au niveau local.
 
 Les témoignages, pris dans leur globalité expriment l'expérience individuelle ou collective non seulement par ce qu'ils disent mais aussi par ce qu'ils occultent. Interroger ces silences a constitué une part importante de la recherche menée dans le cadre de l'association "Les Rias" sur le quotidien des gens pendant la période 1939-45 dans la région de Vernoux en Ardèche, et de ses environs.  

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